rery Tumblr 2011

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my daydreams & nightmares

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"Quelqu’un que j’ai aimé autrefois m’a donné une boîte plein d’obscurité. Il m’a fallu des années pour comprendre que cela, aussi, était un cadeau."

- Mary Oliver, Thirst | The Uses of Sorrow, 2006 (traduction approximative par rery)

"Adieu tristesse.
Bonjour tristesse.
Tu es inscrite dans les lignes du plafond.
Tu es inscrite dans les yeux que j’aime.
Tu n’es pas tout à fait la misère,
Car les lèvres les plus pauvres te dénoncent
Par un sourire.
Bonjour, tristesse.
Amour des corps aimables.
Puissance de l’amour
Dont l’amabilité surgit.
Comme un monstre sans corps.
Tête désappointée.
Tristesse, beau visage."

- Paul Éluard, A peine défigurée (La vie immédiate), 1935

"Et pendant quelques instants je m’obstinai à vouloir comprendre ce mystère ; mais bientôt l’irrésistible Indifférence s’abattit sur moi, et j’en fus plus lourdement accablé qu’ils ne l’étaient eux-mêmes par leurs écrasantes Chimères."

- Charles Baudelaire, Chacun sa chimèrePetits Poèmes en Prose

"Par la caresse nous sortons de notre enfance
Mais un seul mot d’amour et c’est notre naissance."

- Paul Éluard, Le Phénix, La ruche de ta chair, 1951

"La nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles;
L’homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l’observent avec des regards familiers.

Comme de longs échos qui de loin se confondent
Dans une ténébreuse et profonde unité,
Vaste comme la nuit et comme la clarté,
Les parfums, les couleurs et les sons se répondent."

- Charles Baudelaire, Correspondances, Les Fleurs du Mal (En)

"Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle
Sur l’esprit gémissant en proie aux longs ennuis,
Et que de l’horizon embrassant tout le cercle
Il nous verse un jour noir plus triste que les nuits"

- Charles Baudelaire, Spleen, Les Fleurs du Mal

"Jadis, si je me souviens bien, ma vie était un festin où s’ouvraient tous les cœurs, où tous les vins coulaient. Un soir, j’ai assis la Beauté sur mes genoux. - Et je l’ai trouvée amère. - Et je l’ai injuriée."

- Arthur Rimbaud, Une saison en enfer, prologue

"Le cri du sentiment est toujours absurde ; mais il est sublime, parce qu’il est absurde. Quia absurdum !"

- Charles Baudelaire, L’Art romantique@ darksilenceinsuburbia

"Celui qui regarde du dehors à travers une fenêtre ouverte, ne voit jamais autant de choses que celui qui regarde une fenêtre fermée. Il n’est pas d’objet plus profond, plus mystérieux, plus fécond, plus ténébreux, plus éblouissant qu’une fenêtre éclairée d’une chandelle. Ce qu’on peut voir au soleil est toujours moins intéressant que ce qui se passe derrière une vitre. Dans ce trou noir ou lumineux vit la vie, rêve la vie, souffre la vie."

- Charles Baudelaire, Les Fenêtres, Petits Poèmes en Prose

"Les meubles ont des formes allongées, prostrées, alanguies. Les meubles ont l’air de rêver ; on les dirait doués d’une vie somnambulique, comme le végétal et le minéral. Les étoffes parlent une langue muette, comme les fleurs, comme les ciels, comme les soleils couchants."

- Charles Baudelaire, La Chambre double, Petits Poèmes en Prose

"L’âme y prend un bain de paresse, aromatisé par le regret et le désir. — C’est quelque chose de crépusculaire, de bleuâtre et de rosâtre ; un rêve de volupté pendant une éclipse."

- Charles Baudelaire, La Chambre double, Petits Poèmes en Prose

"Une chambre qui ressemble à une rêverie, une chambre véritablement spirituelle, où l’atmosphère stagnante est légèregment teintée de rose et de bleu."

- Charles Baudelaire, La Chambre double, Petits Poèmes en Prose

"Tu rappelles ces jours blancs, tièdes et voilés,
Qui font se fondre en pleurs les cœurs ensorcelés,
Quand, agités d’un mal inconnu qui les tord,
Les nerfs trop éveillés raillent l’esprit qui dort."

- Charles Baudelaire, Ciel Brouillé, Les Fleurs du Mal